• Jégo et les arpètes .

    Monsieur Jégo,je dis "monsieur" Jégo, parce que cet homme replet,je dois le reconnaître, à défaut d'être élégant dans son costume trois pièces est toujours très soigné:une jolie cravate assortie d'une épingle,un chapeau mou,des gants parfois et bien sûr des chaussures impeccables .Tout cela m'induit toutefois peut-être en erreur sur l'image qu'il a de lui-même.Peut-être est-il mal à l'aise devant ces jeunes pleins de testostérone et cette espèce d'uniforme le rassure.Toujours est-il qu'il nous traite comme des incultes,décrocheurs scolaires,délinquants potentiels récupérés in extrémis par l'apprentissage qu'un patron charitable a bien voulu nous accorder .Bon je confesse que le groupe est hétéroclite,le niveau intellectuel d'une grande amplitude.La palme de la dégringolade revenant à Michel O...qui en cours de math ,du fond de la classe,exaspéré,souffle des "j'pige couille" ,"j'pige couille".Le prof de math dont le nom est resté coincé entre deux identités remarquables,parce qu'en un quart d'heure je résous  les problèmes d'arithmétique qu'il me soumet s'imagine avoir trouvé un diamant dans un tas de cailloux.Il déchante quand les équations qu'il me propose ne trouvent chez moi aucun écho.Ah il est bien brave.Je le comprends,çà serait pour lui une satisfaction personnelle,trouver une perle,une vraie dans une sous-classe de retaillés.Mais nom de dieu ce sont ces putains de maths,les patates et autres cochonneries avec inconnue ou non qui m'ont conduit à une séparation amiable avec le collège .Pythagore n'était pas un monstre et la géométrie,certes variable aurait pu me maintenir en vol,mais ces chiures de mouches collées au plafond ...non ! Jégo lui est prof de français et s'il était plus intelligent trouverait chez moi matière à analyse,mais ses cours me rasent.Aujourd'hui pour la énième fois,il s'ingénie ou pas ,peut-être est-il naturellement irritant, à me faire réagir.Je ne supporte plus sa face de carême.Les mots fusent .Il me balance,fantoche:"si je me lève ,vous ne pèserez pas lourd ".Ha ha ha ,quelle saillie,il serait donc viril ?Je quitte ma place et me dirige vers son bureau.Lui faisant face je me saisis de sa volumineuse serviette de cuir et la projette vers une fenêtre à demi ouverte.Elle rebondit et elle choit sur le carrelage.


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