• La torture est un art ,laideur est la souffrance .

    Pratiquer la première ,endurer la seconde

    Crever le mur du soi ,épouser le silence ,

    Du feu follet  vouloir échapper à la fronde .

    Mais pourtant chaque nuit ,paupières  en bataille,

    Nos yeux déclineraient  le tourment  des entrailles .

    Et la côte d'Adam et le serpent qui dort ;

    La magie noire en corps tourne en technicolor.

    Pourquoi donc s'engeôler en une citadelle,

    Faire battre son cœur aux forges de l 'enfer .

    Un bouclier trop lourd  pour une sentinelle

    Saura t-il jamais empêcher  le transfert .

    Pourtant  courus sans frein les chemins de la vie

    Mèneraient  aux bourreaux sa liberté chérie .

    Mais alors faudrait-il pour ne point trop souffrir

    Mettre sous le boisseau ses rêves,ses désirs .

     

     


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  • Ah cette jeunesse que l'on affiche partout,comme si être jeune était une vertu!Mais cette jeunesse que l'on projette est une jeunesse idéale,sublimée et finalement monotone et insipide.Car enfin cette difficile escalade,de la première bouffée d'air au premier pas chancelant mais prometteur jusqu'à pour beaucoup d'adultes,un semblant d'existence dans un monde ou tout peut à chaque instant nous conduire au tragique,n'est pas une sinécure.Combien s'emploient à une revanche sur leur putain d'enfance,cette enfance qu'ils ont subie comme une camisole .Chaque soir dans leur chambre à se dire :"quand je serai grand"!Mais pourquoi les enfants devraient-ils pour un éventuel bonheur, dans leurs têtes mûrir plus vite que dans leurs petits corps.Alors si la jeunesse n'est pas une période de la vie,mais un état d'esprit,si être jeune c'est aimer vivre,s'émerveiller encore et encore ,si être jeune c'est tracer son chemin sans se retourner sur les casseroles tintinnabulantes d'une enfance qui malgré tout nous a tant bien que mal structuré ,et bien je suis un jeune ,mais un nouveau jeune .Un jeune qui s'est exonéré de la lourdeur de son éducation,un jeune plus révolté qu'il ne fut jamais dans sa jeunesse si abrupte à gravir .Car me voilà libre!Plus libre que jamais .Fini le carcan d'une vie professionnelle pas vraiment choisie.Oh bien sûr,mon enveloppe charnelle n'est plus cette plastique qui me rendait un brin orgueilleux,mais dans mes yeux myosotis se plantent encore des regards juvéniles .Je ne suis donc dans les yeux de ces femmes pas encore vieux .Et cela chasserait s'il en était besoin toutes les nostalgies empoisonnantes !Mais non la jeunesse n'est pas une période de la vie,elle est la vie entière !


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  • Aller, roulez roulez jeunesse .La sirène de la fête foraine hurle ,les "Creedence" aussi et la chenille s'ébranle pour un rodéo endiablé .Les filles poussent des cris stridents .Il s'en passe des choses sous la toile ...du baiser le plus chaste à la plus maladroite des fellations ...des langues se délient et des mains s'aventurent, le  zip facile d'une braguette,les  élastiques récalcitrants d'un "panty"aux volants de dentelles ,le tout auréolé de la fumée âcre d'une  marijuana adoptée depuis peu par des pseudos hippies .Et tout le monde se fout bien du lendemain.  Adossé à la structure  du manège, je guette la fille auburn, qui depuis mon intégration  en cours d'année au collège des Quatre -Moulins, me déstabilise.Oh ce n'est pas qu'elle soit belle ,mais bon dieu ses gambettes !J'en suis fou ...Et quand même ses yeux verts,son regard un peu triste ...Moi petit maigrichon,les cheveux  courts, refusant par pure contradiction le jean et les fanfreluches :"pattes d'éph"et autres chemises à fleurs,je m'imagine lui faire de l'effet avec ma voix déjà très mâle pour mon jeune âge .Comme celle de  tous les grands timides, mon audace peut-être surprenante,mais il faudra du temps  pour que je me lance.Pauvre petit gars .Branleur de quinze ans(elle en a 16) ,voilà tout le sentiment que je lui inspire .Je me force à m'endurcir,je veux dire physiquement; hélas contrairement à mon frère éphèbe blond(qui semble bien lui plaire) à la belle moustache, ma barbe tarde à pousser .Dans ma jeunesse,je lui ai demandé :"plus grand ,plus fort"?Je l'avais vue en compagnie de "Ronnie"un vieux looser de quinze ans son aîné,mais sûrement attifé comme elle l'aimait :Veste de daim à franges ,le carré indien noué autour du cou,Rica Lewis et santiags ,sans oublier  le couvre chef incontournable accessoire du "rebelle". Ah mais je me fourvoyais .Un soir sur les dunes d'Argenton ,lors d'une merguez party bien arrosée il faut le dire,je la vis s'échapper dans une canadienne avec un "chérubin"encapuchonné.C'était donc le type de mec qu'elle aimait ...


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  • Tout le monde il est beau ,tout le monde il est gentil.Ce cher Jean Yanne ne manquait pas une occasion d'utiliser une certaine férocité pour dénoncer la vraie férocité,celle  de la société.A chacun son humour.Certains plébiscitent la guimauve et les blagues potaches .Mais il faut à un moment donné,quand la critique se veut sincère,sans concession,basée sur des critères objectifs,poser un diagnostic.Pour tel ouvrage "littéraire" livré en pâture au lectorat majoritairement féminin,avide de frémissements,bien calé sous la couette ou rôtissant sur un transat,peu importerait la justesse des mots,le sophisme profondément planté au cœur ou le raisonnement dévoyé pourvu qu'on ait de la poudre et du feu .Alors quand un individu s'insurge contre les intraveineuses euphorisantes et les lignes trop confuses pour être acides,je dis bravo.Qu'il ausculte ,qu'il sonde ,qu'il autopsie !Qu'il traque le vice ,le mal ,bref qu'il nous fasse un check up .Et tant mieux si çà grince!Je déteste les encenseurs ,les demi sel et les adorateurs du veau d'or !


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  • J'allais dire éternel et puis je me ravise.Faut-il que la sincérité s'oppose à la justesse.Alors s'il est un mot juste,un mot  fort à mon amour pour toi:indestructible est celui-là.Toi la belle ,la fugace ,l'insaisissable ,celle que je dois sans cesse conquérir!Et quand je touche enfin la jouissance,tant de pièges tendus pour que je te délaisse ...Oh je ne me leurre pas.Tu ne seras jamais ma régulière,mon soleil insoumis aux caprices des temps.Bien souvent en ton nom ,moi aussi j'ai défié les nuages,déclaré des orages et risqué de te perdre.Mais pour toi s'il fallait ,dans la rue,sur le champ,dans la nuit et dans le brouillard ,ô liberté chérie, je marcherais au front .  


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